Voyages de papier : l’exposition de Maël à la Maison du Canal
L’exposition Voyages de papier présente des planches originales, des esquisses et des crayonnés de Maël, auteur de bande dessinée. Il vit et travaille dans la Drôme des Collines, face au Vercors. Du 17 octobre 2026 au 4 avril 2027, la salle classique de la Maison du Canal accueille deux de ses albums, L’Encre du passé et Nostromo. Deux voyages : un calligraphe dans le Japon de l’ère Edo, un marin pris dans une révolution sud-américaine.
Maël dessine à la main, du premier crayonné à la dernière couleur, sur une seule et même feuille. Pas de calques. Pas de retouche numérique. Il est publié chez Dupuis et Futuropolis, et exposé tout l’hiver à quelques kilomètres de son atelier.
L’exposition Voyages de papier : le papier comme support d’un art
Entrer dans l’univers d’un auteur de bande dessinée n’est pas simple. Aligner des planches sur un mur ne suffit pas. Maël propose donc un voyage dont le papier est le support. Une sélection resserrée parmi ses œuvres, et une scénographie conçue pour les révéler.
Un trait sensible, une couleur au pinceau
Dessinateur autodidacte, Maël se reconnaît à la sensibilité de son trait et à sa maîtrise de la couleur directe. Influencé par les aquarelles de Hugo Pratt, le père de Corto Maltese, il préfère le pinceau à la colorisation numérique.
Sa méthode est rare aujourd’hui. Crayonné, encrage et mise en couleur se succèdent sur le même papier. L’encre donne au dessin son trait définitif et fait apparaître les décors et les bulles. La couleur vient ensuite remplir les zones qu’elle délimite. Rien n’est repris sur écran. Cette imperfection assumée donne à ses planches une humanité et une mélancolie très reconnaissables. Ses personnages portent la fatigue, le traumatisme ou l’espoir, dans des récits historiques et intimistes.
Premier voyage : le Japon de l’ère Edo
Paru en 2009 chez Dupuis, dans la collection Aire Libre, L’Encre du passé suit Môhitsu, un calligraphe qui erre de village en village. Il y rencontre Atsuko, une jeune fille espiègle chez qui il devine un don pour la peinture. Il décide de l’emmener à Edo pour son apprentissage. Le long du chemin naît une amitié, et une conversation calligraphique qui rendra au vieux maître l’inspiration qu’il croyait perdue. Un récit sur l’errance, la rencontre et la transmission, récompensé par le prix œcuménique de la bande dessinée.
L’album est né d’une rencontre à trois. Le scénario est d’Antoine Bauza, né à Valence en 1978, passionné du Japon. Devenu créateur de jeux, il doit sa notoriété internationale à 7 Wonders. Les calligraphies sont de Pascal Krieger, maître de shodô. Installé au Japon en 1968 pour étudier les arts martiaux, il y découvre la calligraphie et obtient sa maîtrise en 2005. En 2008, le Japon lui a remis l’Ordre du Soleil Levant pour sa promotion de la culture japonaise en Occident.
Second voyage : le Costaguana
Changement de siècle, changement de continent. Nostromo adapte le roman de Joseph Conrad, publié en 1904 et considéré par beaucoup comme son chef-d’œuvre. L’action se déroule au XIXe siècle dans le Costaguana, un pays imaginaire secoué par les coups d’État. La ville portuaire de Sulaco doit sa prospérité à une mine d’argent, que deux généraux putschistes convoitent. Pour mettre les lingots à l’abri, les notables les confient au seul homme en qui ils ont confiance : Nostromo, un marin italien devenu chef des dockers. Épique et sombre, le récit interroge le règne de l’argent et la corruption des hommes.
Le premier livre de ce diptyque a paru chez Futuropolis en août 2024, pour le centenaire de la mort de Conrad. C’est la première œuvre de grande ampleur dont Maël est auteur complet : scénario, dessin et couleurs. Quinze ans séparent les deux albums.
Vingt ans de bande dessinée
Martin Leclerc, dit Maël, publie depuis 2003. Une quinzaine d’albums, et beaucoup d’illustrations pour la presse, la musique, la télévision et le cinéma. Avec le scénariste Kris, il signe chez Futuropolis Notre Mère la guerre, série en quatre volumes aujourd’hui parmi les récits de référence sur la Grande Guerre. Suivent le documentaire Revenants, avec Olivier Morel, puis Entre les lignes, avec Vincent Odin. Avec Kris toujours, il publie Notre Amérique en quatre tomes, entre 2016 et 2022.
Il a aussi dessiné Les Rêves de Milton chez Dupuis, Dans la colonie pénitentiaire d’après Kafka chez Delcourt, et Tamino chez Glénat. Musicien dans le groupe Hitchcockgohome!, il a enseigné l’illustration à Grenoble entre 2005 et 2010.
Deux expositions, un seul vernissage
La Maison du Canal présente toujours deux artistes. Pendant que Maël occupe la salle classique, la salle immersive accueille Luminescences, consacrée au peintre lyonnais Antoine Favre, sur les mêmes dates. Le vernissage du samedi 24 octobre à 16h00 inaugure les deux expositions. À voir aussi : Inspirations Japon, jusqu’au 27 décembre 2026.
Informations pratiques
Renseignements : bienvenue@lartsolite.com, 04 58 47 94 79
Exposition : Voyages de papier, Maël. Du Japon de l’ère Edo à l’Amérique centrale du XIXe siècle
Lieu : salle classique de la Maison du Canal, L’artsolite, 105 impasse des Tisserands, 26190 Saint-Jean-en-Royans (Drôme)
Dates : du samedi 17 octobre 2026 au dimanche 4 avril 2027
Vernissage : samedi 24 octobre 2026 à 16h00, commun avec l’exposition d’Antoine Favre
Horaires : du mercredi au dimanche de 14h00 à 18h00 ; le samedi et le dimanche, également de 10h00 à 12h30
Fermeture de fin d’année : du lundi 28 décembre 2026 au mardi 12 janvier 2027 inclus, réouverture le mercredi 13 janvier 2027
Public : tout public
Entrée : libre et gratuite
Vernissage des expositions de Maël et Antoine Favre le Samedi 24 octobre 2026 à 16h, en présence des artistes.


